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LA FORET
 
Autrefois, la Bretagne était recouverte par d’épaisses forêts. Il en reste, à Bazouges la Pérouse, la Forêt de Villecartier, une magnifique futaie de 1000Ha de hêtres et de chênes, avec un sous-bois de houx. C’est une ancienne forêt royale dont la maîtrise des eaux et forêts fut confiée à Bazouges il y a des siècles.
 
Un peu druide, un peu sauvage
 

Un brigadier des eaux et forêts supervisait trois ou quatre triages, lui-même placé sous la responsabilité d'un officier. Les gardes avaient un rôle de surveillance de la forêt et tenaient un cahier sur lequel ils notaient chaque jour, leur activité. “ Les gardes avaient des avantages en nature, nous avions droit à trois vaches, trois poules et un coq. Pendant la guerre, nous vivions de ces produits, confie Jean.
A l'époque, il n'y avait ni eau ni électricité. Nous allions chercher l'eau au puits et pour l'éclairage, on utilisait des bougies et des lampes à pétrole. “ Fils unique, il garde de bons souvenirs de sa vie à Villecartier, 1000 hectares de hêtraies, de chêne et de châtaignier, la vieille forêt celtique, où les " boisiers ", les artisans, taillaient leur métier. Il sait tout ou presque de " sa " forêt. Un peu druide, Jean Touffet ?
“ Je participais aux travaux des champs, je gardais les vaches et ramassais du bois avec un âne. Ce qui me permettait de gagner un peu d'argent, avec lequel je m'étais acheté une canadienne que j'ai toujours gardée en souvenir. “ A sept ans, Jean ne sait pas encore lire. Alors, il passe le concours pour entrer en sixième au lycée de Rennes, où les professeurs l'aident à rattraper ce retard. Cela lui vaudra de sauter par la suite, une classe ! “ Je voulais être garde forestier mais mon père voulait que je sois instituteur. Pour la sécurité de l'emploi certes, mais aussi parce que le métier était valorisant à l'époque. “